Plan en quatre points pour un service civique durable

Papier de position des Jeunes Vert·e·x·s Suisse, août 2025

 

Dans ce papier de position, nous présentons notre vision pour la mise en place d’un nouveau service civique moderne, accessible à toutes et tous sur une base volontaire, et orienté vers les défis sociaux actuels.

 

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Contexte général

Les théâtres de guerre dans le monde se sont multipliés ces dernières années. Ces conflits entraînent la mort, la fuite et favorisent la montée de l'extrême droite. Dans ce contexte, ce sont toujours les groupes vulnérables qui en pâtissent et qui doivent supporter les conséquences des actes de guerre.

 

L'industrie suisse de l'armement, la place financière et le secteur des matières premières profitent de ces guerres. L'aide humanitaire fournie par la Suisse n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan et n'est en aucun cas proportionnelle aux profits financiers gigantesques que les entreprises suisses tirent des guerres mondiales.

 

En tant que l'un des pays les plus riches du monde et en tant que pays neutre, la Suisse devrait montrer l'exemple et mener une politique pacifiste active. L'interdiction de la production d'armes militaires et du financement des entreprises d'armement à l'étranger doivent être inscrits dans la loi.

 

Avec le service militaire obligatoire pour les citoyens masculins, la Suisse dispose d'une pratique conservatrice qui remonte au siècle dernier. Cette obligation constitue non seulement une atteinte massive à la liberté individuelle, mais elle conduit également à une militarisation forcée de la société. Les membres de l'armée sont formés pour tuer des êtres humains. La propagande militaire inculque aux soldats une vision simpliste du Bien et du Mal et renforce les attitudes nationalistes. Cela laisse des traces chez de nombreuses personnes.

 

C'est pourquoi une politique pacifiste implique la suppression de l'armée suisse, certaines tâches actuellement assurées par celle-ci, comme la police aérienne, la protection civile et la cyberdéfense, pouvant être reprises par des organisations civiles. En même temps, nous reconnaissons que la situation politique mondiale actuelle est marquée par des tendances autoritaires, un réarmement international et une violence croissante. Une stratégie pacifiste crédible doit refléter cette réalité et créer des modèles de transition qui permettent d'assurer la sécurité sans militarisation. La protection civile, tout comme le service civil, doivent être remplacés par un service social volontaire moderne qui renforce la cohésion sociale et développe des structures solidaires.

 

 

Notre plan en quatre points pour un service civique moderne :

 

1. Un service volontaire pour toutes et tous et la fin de l’obligation de servir

Le service civil actuel est simplement un service de remplacement. De manière générale, tous les citoyens suisses majeurs sont soumis à l'obligation de servir dans l’armée, et ce n’est qu’en cas de conflit de conscience, de handicap physique ou psychique que l'on envisage une exemption de l’obligation de servir.

 

Nous devons abandonner l’idée que l’État a le droit de forcer les individus à faire leur service militaire. Une société libre ne l'est véritablement que lorsqu’elle se libère des chaînes de l'obligation de service. Nous voulons créer les bases d'une société dans laquelle les gens choisissent de s'engager pour ce qui leur semble utile et important.

 

Les Jeunes Vert·e·x·s exigent l'abolition de toute obligation de servir, de sorte qu'aucun service obligatoire ne soit maintenu. Le nouveau service civique s’accomplira sur une base volontaire. Il doit également être ouvert à toutes les personnes résidant en Suisse, dès l’âge de 15 ans, à condition que l’école obligatoire soit terminée.

 

 

2. Un service rémunéré de manière équitable

Le service civil actuel souffre de dumping salarial : les allocations minimales pour perte de gain ne suffisent même pas à atteindre le seuil de pauvreté en Suisse. Pourtant, les affectations sont effectuées dans des domaines d’importance systémique, dont l’ensemble du pays profite, ce qui justifie un revenu équitable et adéquat.

 

Les Jeunes Vert·e·x·s exigent que le nouveau service civique soit rémunéré à hauteur d’au moins 120 francs par jour de service. Le 80% du salaire antérieur doit être garanti.

 

 

3. Un service flexible, adapté aux réalités de la vie actuelle

Pour tous les types de services (service militaire, service civil, protection civile), il est actuellement fixé combien de temps l’obligation de servir dure, ainsi que quand elle doit être accomplie. Le taux d’activité est systématiquement de 100% et ne permet aucune flexibilité en fonction de la planification de vie individuelle. Cela entre en contradiction avec les projets de vie des jeunes adultes d’aujourd’hui et l'organisation du travail de la population suisse, qui est devenue plus diverse et flexible.

 

Les Jeunes Vert·e·x·s exigent que le nombre de jours de service soit librement choisi. La durée minimale du service devrait cependant être de 26 jours, la durée maximale de deux ans. De plus, le service devrait être possible à temps partiel, à un taux d’activité d’au moins 50%.

 

 

4. Un service qui reconnaît le travail du care et le bénévolat

Dans la société actuelle, de nombreux travaux importants, fonctions et engagements sont effectués de manière bénévole et sans rémunération. Ces activités sont essentielles pour le maintien de la cohésion sociale en Suisse. Pourtant, elles sont souvent ignorées et il arrive même que celles et ceux qui les accomplissent ne réalisent pas à quel point leur travail, effectué gratuitement pour la collectivité, est précieux.

 

Le travail non rémunéré représente la plus grande part du temps de travail en Suisse. Une grande partie de ce travail est constituée de travail du care, indispensable pour les familles et les proches (par exemple les soins à domicile, la garde d'enfants, l'aide aux personnes âgées et à mobilité réduite), ainsi que de bénévolat, par exemple dans des associations locales ou des organisations caritatives (comme les associations de quartier, la prévention et la promotion de la santé, la protection de l’environnement). Ces activités essentielles à la cohésion sociale ne sont actuellement pas reconnues dans le cadre du service civil.

 

Les Jeunes Vert·e·x·s exigent que le nouveau service civique reconnaisse le travail du care, ainsi que certaines formes de bénévolat. Pour ces activités, un revenu devrait être possible.

 

 

Remarques de fin :

Dans de nombreux emplois d’importance systémique, il existe actuellement une pénurie de personnel, principalement en raison de mauvaises conditions de travail et de salaires insuffisants (par exemple dans le secteur de la santé). Au lieu que la politique améliore les conditions de travail pour rendre ces secteurs plus attractifs, les lacunes sont comblées par des civilistes. Cela montre que les domaines d’intervention du service civil sont essentiels pour le pays.

 

Un service civique volontaire constitue aussi une critique du système actuel, qui repose sur l’idée que seuls les travaux rémunérés contribuant à la croissance économique et servant ainsi le système capitaliste ont de la valeur. De plus, un service volontaire offre une opportunité unique de découvrir de nouveaux secteurs du travail et d'élargir l’horizon des personnes qui le font.

 

adopté lors de l’assemblée des membres du 9 août 2025 à Yverdon-les-Bains

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