Depuis l’été 2023, les filles et femmes afghanes reçoivent en principe l’asile en Suisse. Cette pratique du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) est une réponse directe à la situation catastrophique des droits humains sous le régime des Talibans, qui opprime et violente systématiquement les femmes et les filles et les prive de tous leurs droits. Cette pratique est soutenue par l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne datant de 2024 et qui défend que le sexe et la nationalité sont suffisants à reconnaître une persécution collective des femmes afghanes.
Pourtant, une majorité de droite au Conseil National a adopté la semaine dernière la motion de Gregor Rutz (UDC/ZH) demandant de revenir sur cette pratique. Le Conseil des États discutera de cette même motion déposée dans la chambre haute par Esther Friedli (UDC/SG) dans une semaine, le 1er octobre.
Face à cette attaque frontale de l’UDC à l’encontre des femmes afghanes et de leur droit à l’asile, les Jeunes Vert·e·x·s suisse lancent une pétition avec le soutien d’autres organisations pour convaincre le Conseil des États de rejeter une telle attaque.
La Suisse s’est engagée à défendre les droits humains et à protéger celles et ceux qui fuient un danger existentiel. La situation en Afghanistan n’a fait qu’empirer depuis 2023. «Nous avons affaire à une attaque brutale envers les droits humains fondamentaux des femmes et des filles afghanes qui sont soumise à un véritable apartheid sexuel sous le régime des talibans. Cette attaque est tout bonnement inadmissible et témoigne une fois de plus de la politique déshumanisante que mène l’UDC», déclare Sheldon Masseraz, coprésident des Jeunes Vert·e·x·s.
Pour rappel, les femmes et les filles afghanes ont l’interdiction de se rendre dans des lieux publics comme les écoles ou les universités. Avec le nouveau code pénal des talibans, la violence contre les femmes est désormais explicitement autorisée et les soins médicaux sont, dans les faits, devenus inaccessibles. De plus, il n'existe plus d’âge minimum pour le mariage. Une admission provisoire ne donne aucune sécurité durable et soumet les femmes et filles afghanes à situation précaire et constamment risquée.